Le tremblement persistant du moi-fantôme... (2020)
pour Adrian Piper
für 6 Frauenstimmen a capella
Libretto: Iris ter Schiphorst
Dauer: 6 min.
Kompositionsauftrag des franz. Ensembles 'Musicatreize' zum Beethovenjahr 2020 unter dem Motto '12 Briefe an Elise'
UA: 21. 11. 2020, Philharmonie Paris, Le StudioMusicatreize, Roland Hayrabedian
Aufführungsmaterial erhältlich bei Boosey & Hawkes
genaue Besetzung:
SSSAAA
Hinweis:
Das Libretteo ist in französischer, auf Anfrage jedoch auch in deutscher oder englischer Sprache erhältlich
https://www.schott-music.com/en/le-tremblement-persistant-du-moi-fantome-no569995.html
Programmheft
‚Le Tremblement permanent du moi- fantôme...pour Adrian Piper’, ein Kompositionsauftrag des herausragenden französischen Ensembles Musicatreize zum Beethovenjahr 2020 unter dem Motto ‚12 Briefe an Elise’ wirft die Frage auf, wer wir – 250 Jahre nach der Geburt Ludwig van Beethovens, heute sind und was von seinen Idealen, seinem Glauben an Aufklärung, Gleichheit, an Recht und Freiheit übriggeblieben ist?
Der Titel meines Werkes weist bereits indirekt auf die radikale Neudefinition des Menschen im 21. Jahrhundert hin. So ist in der Neurowissenschaft längst nicht mehr die Rede vom ‚Ich’ des Menschen, sondern nur noch von einer ‚Ich-Illusion’. Und auch der ‚Geist’, das sogenannte ‚Bewußtsein’ des Menschen wird nicht mehr etwa im Immateriellen oder Transzendenten verortet, sondern schlicht in der Chemie und Physik des Gehirns. Was folgt daraus für die Musik, für die Kunst von heute? Wie gehen Komponisten und Künstlerinnen mit diesem Wissen um?
Ich selber habe mich entschieden, zum o.g. Anlaß einige dieser Fragestellung in meinen Text mit aufzunehmen.Das Libretto beginnt zunächst mit einer Ansammlung kurzer drastischer Sprachbilder, die wie Wahrnehmungssplitter einer ‚Welt aus den Fugen’ in den Raum geschleudert werden, führt im Weiteren kurze Zitate führender Neurowissenschaftler an und endet schließlich – ganz im Sinne der Auftragsgeber - abrupt mit einem Brief, hier an die amerikanische Konzept-Künstlerin und Philosophin Adrian Piper, die sich, wie seinerzeit Beethoven, auch heute noch den Idealen Kants und einer rigorosen Aufklärung verpflichtet fühlt. So läßt sie etwa in ihrem preisgekrönten Werk “The Probable Trust Registry: The Rules of the Game #1– 3”, ausgezeichnet mit dem goldenen Löwen auf der Biennale in Venedig 2015, die Rezipienten einen Selbstvertrag unterschreiben, der diese verpflichtet, lebenslang im Sinne ethisch- moralischer Lebens-Grundsätze zu handeln.
Dieser Brief an Adrian Piper - eigentlich eher ein Hilferuf an die Künstler-Kollegin!, - markiert einen drastischen Bruch in der Komposition. In ihm offenbare ich mein Ringen als Komponistin um eine Antwort auf die Frage, was die Aufgabe von Musik, von Kunst heute sei. Dabei wird Adrian Piper, die mich mit ihrer eindeutigen Haltung zu dieser Frage aufs tiefste beeindruckt, durchaus auch als eine Art moralischer Instanz angeschrieben (als die z. B. Gott längst ausgedient hat...). Denn ich bin als Komponistin in dieser Frage hin- und hergerissen:
Was ist zum Beispiel mit einer Kunst, die nicht nur der Auffassung Kants folgt, die sich ‚auf den ersten Blick’ also weniger an die Vernunft/den Verstand als vielmehr die ‚affektive Einbindung’ des Rezipienten richtet? Die auf ‚Ansteckung’, auf ‚Infizierung’ setzt? Für eine solche Auffassung stünde u.a. Antonin Artaud, Gilles Deleuze, oder Erika Fischer-Lichte Pate, denen gemein ist, dass sie der Idee der ästhetischen Ansteckung das Potential zuschreiben, das im ‚Selbst’ verborgene Fremde wachrufen und darum letztendlich für ‚den Anderen’ offener machen zu können. Sind also beide Ansätze berechtigt? Oder brauchen wir womöglich heutzutage einen ganz anderen Weg? Letztendlich werden diese Fragen nur von den Rezipienten entschieden.
Iris ter Schiphorst
Libretto der französischen Fassung
I) Bouffe!
Concasse la coquille!
Une femme avale son enfant de travers.
Le canari manque d'air.
Un ange de la mort déchiquet une fille.
Le champ s'en fiche des fragments d'os
II) La tête de Jean comme un élément flottant dans l'espace.
Yvonne, quand ses jambes sont brutalement écartées.
Le poing comme il remodèle le visage
Le dialecte d'Abdi, pour lequel les droits de l'homme ne s'appliquent pas.
Le flic chevauchant la petite princesse.
Le garçon, essayant de se maintenir à flot.
La voix, comme un cri transperçant l’oreille.
Le cortex bombardé en continu par les neurones:
Son rétroaction le ridicule moi-fantôme.
Et le bon Dieu est coincé dans l’accord de septième de dominante.
III) Lèttre à Adrian Piper*
Stop.
Adrian.
Adrian Piper.
Aide moil!
Finis-ça!
Chère Adrian.
Finis-ça! S’il te plaît.
Finis mon énumération, cette cascade de sons.
Cette cascade d’images, qui ne fait progresser rien!
Bavardages sans rime ni raison.
Un rapport. Un exercice. Une introspection.
Chère Adrian.
Je sais que ce n’est pas ça de quoi il s’agit.
Ce n’est pas ça, ce qui est important.
Le devoir de l’art.
Adrian.
Je suis encore loin de tout ce que cela devrait être.
De ce qui compte.
En tant qu'humain.
Justice. Éthique. Penser. Comprendre. Lire.
Devenir mieux. En tant qu'humain. Une personne juste. Une personne infaillible.
Une personne incorruptible.
Adrian Piper.
Je suis loin de tout ce qui compte vraiment.
En tant qu'humain. Devenir Mieux.
En tant qu'humain. Devenir Mieux.
En tant qu'humain. Devenir Mieux. Point.
En tant qu'humain. Point. Devenir Mieux. Point.
En tant qu'humain. Point. Devenir Mieux. Point d’exclamation.
En tant qu'humain.
En tant qu’humain.
**Adrian Piper (geb. 1948) ist eine amerikanische Konzeptkünstlerin und Philosophin, die 2014 auf der Biennale von Venedig mit dem „Goldenen Löwen“ ausgezeichnet wurde, da sie den Betrachter dazu anregt, sich lebenslang persönlich zu engagieren mit dem Ziel, eine neue Basis des Vertrauens zwischen den Menschen zu schaffen.
Note de programme
« Le Tremblement permanent du moi- fantôme...pour Adrian Piper », une composition commandée par le remarquable ensemble français Musicatreize pour l'année Beethoven 2020 sous la devise « 12 lettres à Elise », pose la question de savoir qui nous sommes aujourd'hui – 250 ans après la naissance de Ludwig van Beethoven – et ce qu'il reste de ses idéaux, de sa croyance dans les Lumières, l'égalité, la justice et la liberté ?
Le titre de mon travail fait déjà indirectement référence à la redéfinition radicale de l'homme au XXIe siècle. En neurosciences, par exemple, on ne parle plus du "moi" de l'homme, mais seulement d'une "illusion du moi". Et aussi l'"esprit", la soi-disant "conscience" de l'être humain n'est plus située dans l'immatériel ou dans le transcendant, mais simplement dans la chimie et dans la physique du cerveau.
Qu'en découle-t-il pour la musique, pour l'art d'aujourd'hui ? Comment les compositeurs et les artistes gèrent-ils ces constatations?
J'ai moi-même décidé d'inclure certaines de ces questions dans mon texte pour la raison susmentionnée.
Le livret commence par une collection d'images linguistiques courtes et drastiques qui sont projetées dans l'espace comme des fragments de perception d'un "monde en panne", puis il se poursuit par de courtes citations de grands neuroscientifiques et se termine enfin – tout à fait dans l'esprit commanditaires de l’œuvre – brusquement par une lettre, une lettre à l'artiste conceptuelle et philosophe américaine Adrian Piper, qui, comme Beethoven en son temps, se sente toujours engagée de manière rigoureuse envers les idéaux de Kant et les Lumières. Dans son œuvre « The Probable Trust Registry : The Rules of the Game #1-3 », récompensé par le Lion d'or à la Biennale de Venise en 2015, par exemple, elle fait signer aux lauréats un contrat, qui les oblige à agir conformément à des principes éthiques et moraux tout au long de leur vie.
Cette lettre à Adrian Piper – en fait, il s'agit plutôt d'un appel à l'aide à une collègue artiste – marque une rupture radicale dans la composition. J'y révèle mon combat en tant que compositrice pour trouver une réponse à la question de savoir quelle est la tâche de la musique, de l'art aujourd'hui. Adrian Piper, dont la position sans ambiguïté sur cette question m’impressionne profondément en tant que compositrice, est également considéré comme une sorte d'autorité morale (puisque Dieu, par exemple, a cessé d'exister depuis longtemps...). Car en tant que compositrice, je suis déchirée par cette question :
Qu'en est-il, par exemple, d'un art qui ne suit pas seulement la conception de Kant, c'est-à-dire qui, "à première vue", est moins orienté vers la raison/compréhension que vers "l'implication affective" du destinataire ? Qui se concentre sur la "contagion", sur l'"infection" ? Antonin Artaud, Gilles Deleuze ou Erika Fischer-Lichte, entre autres, seraient les parrains d'un tel concept, qui ont tous en commun d'attribuer à l'idée de contagion esthétique le potentiel de réveiller l'étranger caché dans le "moi" et de le rendre ainsi plus ouvert à "l'autre". Les deux approches sont-elles donc justifiées ? Ou peut-être avons-nous besoin d'une approche complètement différente aujourd'hui ?
En fin de compte, c’est seulement le public qui peut donner une réponse à ces questions.